Frise chronologique
1820
Dégagement de la place
Dégagement de la place
1820 (≈ 1820)
Destruction d’un moulon par Virebent.
1824
Concours pour la fontaine
Concours pour la fontaine
1824 (≈ 1824)
45 projets soumis, Vitry lauréat.
1826
Inauguration de la fontaine
Inauguration de la fontaine
1826 (≈ 1826)
Première fontaine monumentale de Toulouse.
1946
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1946 (≈ 1946)
Protection de la fontaine et façade Lamothe.
années 1990
Piétonnisation de la place
Piétonnisation de la place
années 1990 (≈ 1990)
Réaménagement du centre-ville toulousain.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Fontaine de la Trinité : inscription par arrêté du 20 septembre 1946
Personnages clés
| Urbain Vitry - Architecte |
Concepteur lauréat de la fontaine. |
| Jacques-Pascal Virebent - Architecte municipal |
A dégagé la place en 1820. |
| Louis-Alexandre Romagnesi - Sculpteur |
Auteur des sirènes et têtes de lion. |
| Auguste Virebent - Architecte (fils de J.-P. Virebent) |
Projet rejeté pour la fontaine. |
Origine et histoire
La fontaine de la Trinité, située sur la place éponyme à Toulouse, fut construite dans la première moitié du XIXe siècle, lors de l’aménagement de cet espace triangulaire. Ce projet s’inscrit dans une volonté municipale de moderniser la ville, en créant des places aérées et des points d’eau publics. La place, autrefois simple carrefour médiéval, devint un lieu central après la destruction d’un moulon en 1820 par l’architecte Jacques-Pascal Virebent, libérant l’espace pour une fontaine monumentale.
En 1824, un concours fut lancé pour concevoir cette fontaine, première du genre à Toulouse. Parmi 45 projets, celui d’Urbain Vitry fut retenu. Inaugurée en 1826, la fontaine combine esthétique néo-classique et utilité pratique : son bassin en marbre gris, surmonté de trois sirènes en bronze, distribuait l’eau potable aux habitants via des bornes-fontaines. Les sculptures furent réalisées par Louis-Alexandre Romagnesi, et la fonte exécutée à Paris.
La fontaine s’inscrit dans un contexte urbain en pleine mutation. La place de la Trinité, autrefois cœur artisanal (serruriers, fileurs de lin), devint un lieu bourgeois au XIXe siècle, bordé d’hôtels particuliers comme la maison Lamothe (1824) ou l’immeuble Nicollet (1900), mêlant styles néo-classique et Art nouveau. La fontaine, alimentée par le Château d’eau de Toulouse (1825), symbolisait aussi les progrès hygiénistes de l’époque.
Classée Monument Historique en 1946, la fontaine a subi plusieurs restaurations (1842-1853, 1966). Son socle triangulaire en marbre de Saint-Béat, ses sirènes ailées et ses têtes de lion en bronze en font un exemple remarquable du patrimoine toulousain. La place, piétonnisée dans les années 1990, reste un lieu animé, entouré de cafés et de commerces, héritage de son rôle historique de carrefour social.
L’origine du nom Trinité remonte aux moines trinitaires, installés au XIVe siècle près de l’actuelle rue de la Trinité. Leur couvent, détruit en 1790, laissa place à des immeubles bourgeois. La fontaine, par son emplacement, rappelle aussi l’histoire romaine de Tolosa : la place marque l’ancien croisement du cardus et du decumanus, cœur de la cité antique.